Marsouins de France et d'outre-mer

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 Camerone,

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bruno
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bruno

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MessageSujet: Re: Camerone,   Camerone, I_icon_minitimeSam 19 Déc - 19:53

L’armée française assiégeait Puebla. La Légion avait pour mission
d’assurer, sur cent vingt kilomètres, la circulation et la securité des
convois. Le colonel Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril
1863, qu’un gros convoi emportant trois millions en numéraire, du
matériel de siège et des munitions était en route pour Puebla. Le
capitaine Danjou, son adjudant-major, le décide à envoyer au-devant du
convoi, une compagnie. La 3e compagnie du
Régiment étranger fut designée mais elle n’avait pas d’officier
disponible. Le capitaine Danjou en prend lui-même le commandement et
les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et Vilain, payeur, se
joignent à lui volontairement.
Le 30 avril, à 1 heure du matin, la 3e
compagnie, forte de trois officiers et soixante quatre hommes, se met
en route. Elle avait parcouru environ vingt kilomètres, quand, à 7
heures du matin, elle s’arrête à Palo Verde pour faire le café. À ce
moment, l’ennemi se dévoile et le combat s’engage aussitôt. Le
capitaine Danjou fait former le carré et, tout en battant en retraite,
repousse victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant
à l’ennemi des premières pertes sévères.
Arrivé à la hauteur de l’auberge
de Camerone, vaste bâtisse comportant une cour entourée d’un mur de
trois mètres de haut, il décide de s’y retrancher, pour fixer l’ennemi,
et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra
attaquer le convoi.
Pendant que les hommes organisent à la hâte la défense de cette auberge,
un officier mexicain, faisant valoir la grosse supériorite du nombre,
somme le capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait répondre : "Nous
avons des cartouches et ne nous rendrons pas". Puis, levant la main, il
jura de se défendre jusqu’à la mort et fit prêter à ses hommes le même
serment. Il était 10 heures. Jusqu’à 6 heures du soir, ces soixante
hommes, qui n’avaient pas mangé ni bu depuis la veille, malgré
l’extrême chaleur, la faim, la soif, résistent à 2000 Mexicains : huit
cents cavaliers, mille deux cents fantassins.
A midi, le capitaine Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine.
À 2 heures, le sous-lieutenant Vilain tombe, frappé d’une balle au
front. À ce moment, le colonel mexicain réussit à mettre le feu à l’auberge.
Malgré la chaleur et la fumée qui viennent augmenter leurs
souffrances, les légionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux
sont frappés. À 5 heures, autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent
que douze hommes en état de combattre. À ce moment, le colonel mexicain
rassemble ses hommes et leur dit de quelle honte ils vont se couvrir
s’ils n’arrivent pas à abattre cette poignée de braves (un légionnaire
qui comprend l’espagnol traduit au fur et à mesure ses paroles). Les
Mexicains vont donner l’assaut général par les brèches qu’ils ont
réussi a ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une
sommation au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mépris.
L’assaut final est donné. Bientôt il ne reste autour de Maudet que
cinq hommes : le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel,
Constantin, Leonhard. Chacun garde encore une cartouche ; ils ont la
baïonnette au canon et, réfugiés dans un coin de la cour, le dos au
mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leurs fusils à bout
portant sur l’ennemi et se précipitent sur lui à la baionnette. Le
sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés a mort.
Maine et ses deux camarades vont être massacrés quand un officier
mexicain se précipite sur eux et les sauve. Il leur
crie :"Rendez-vous" !
"Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner
nos blessés et si vous nous laissez nos armes". Leurs baïonnettes
restent menaçantes.
"On ne refuse rien à des hommes comme vous !" répond l’officier.
Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur
serment. Pendant 11 heures, ils ont résisté à deux mille ennemis, en
ont tué trois cents et blessé autant. Ils ont par leur sacrifice, en
sauvant le convoi, rempli la mission qui leur avait été confiée.
L’empereur Napoléon III décida que le nom de Camerone serait inscrit
sur le drapeau du Régiment étranger et que, de plus, les noms de
Danjou, Vilain et Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs
des Invalides à Paris.
En outre, un monument fut élevé en 1892 sur l’emplacement du combat. Il porte l’inscription :
"Ils furent ici moins de soixanteopposés à toute une armée,sa masse les écrasa.La vie plutôt que le courageabandonna ces soldats Françaisle 30 avril 1863.à leur mémoire, la patrie éleva ce monument"
Depuis, lorsque les troupes mexicaines passent devant le monument, elles présentent les armes. »


_________________
Et au Nom de Dieu, vive la coloniale.
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