Marsouins de France et d'outre-mer

Ce forum est dédié à tous les marsouins de France et d'Outre-mer, pour se retrouver, quelque soit le régiment duquel ils sont issus. Infanterie, Bigor, Cavalerie, parachutiste. et à tous nos frères d'armes.
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion
Octobre 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031     
CalendrierCalendrier

Partagez | 
 

 Contre qui nous battons nos au Mali

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jeanlouis

avatar

Messages : 1079
Date d'inscription : 25/11/2009
Age : 47
Localisation : Grasse - Alpes Maritimes

MessageSujet: Contre qui nous battons nos au Mali   Sam 12 Jan - 21:40

Mali partie 1

LE PUTSCH

DU 21 MARS 2012

Le 21 mars, j'étais à Bamako, capitale du Mali, quand le camp militaire de Kati se soulevait. En quelques heures, toutes les garnisons de la capitale, puis des agglomérations du pays, basculaient aux côtés de la rébellion. Dès les premiers jours, un nom surgissait à la tête de ce qui prenait l'air d'un putsch, celui du capitaine Amadou Haya Sanogo (1). Quasi inconnu jusqu'alors, cet officier d'une quarantaine d'années n'a pas un parcours professionnel anodin. Du coup, on en vient à se demander s'il n'est pas, peu ou prou, contrôlé de l'extérieur.

Tout commence le 20 mars, quand une manifestation de femmes de militaires est repoussée par la police. Les épouses des soldats viennent du camp Soundiata Keïta (2) de Kati, garnison située à une quinzaine de km au nord-ouest de Bamako. Elles refusent de voir leurs hommes partir combattre la rébellion touarègue, dans le nord du pays, affirmant qu'ils sont sous-équipés et manquent de munitions.

Un second cortège est prévu. Cette fois, il sera encadré par des soldats en armes, prêt à faire face aux policiers. Le matin du 21 mars, Sadio Gassama, le ministre de la Défense, se rend à Kati pour dissuader les mécontents de manifester. Il est reçu à coups de pierres et doit battre en retraite. Sans attendre, la troupe fracture les magasins d'armes. Vers onze heures, très excité, un sergent appelle le correspondant de RFI au Mali, Serge Daniel, exigeant sur un ton intransigeant l'annonce du soulèvement à la radio.

Pour le moment aucun officier ne se manifeste. Il ne s'agit encore que d'une mutinerie. En fin d'après-midi, les soldats rebelles s'emparent du bâtiment de la radio et de la télévision, au centre de Bamako. Dans la soirée, après un affrontement sanglant avec la garde, ils prennent le palais présidentiel et le saccagent. Dans la nuit on entend les échanges de tirs et l'on voit les balles traçantes monter dans le ciel.

Les vols à destination et au départ de Bamako sont annulés. Vers une heure du matin, le 22 mars, la troupe s'installe à l'aéroport et en chasse des voyageurs espérant un vol pour le Portugal. Dans l'après-midi, un lieutenant lit un communiqué à la télévision.

Petit à petit les informations filtrent. Le Président Amadou Toumani Touré, surnommé ATT, a disparu. Pour les uns, il est captif des rebelles, pour les autres, il s'est réfugié à l'ambassade des États-Unis. On apprend qu'un capitaine, Amadou Haya Sanogo, a pris la tête des mutins. Partie d'un mouvement de mécontentement, la rébellion des soldats se transforme en putsch militaire, dirigé par un groupe d'officiers subalternes rassemblés au sein du CNRDRE ou " Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État ". Un titre éloquent pour des putschistes !

Pendant deux jours, c'est l'incertitude. Les magasins restent fermés et les rues désertes. Des militaires " réquisitionnent " les voitures les plus luxueuses pour leur usage personnel pendant que leurs camarades pillent les bâtiments officiels. Les tirs se font plus rares, mais la soldatesque étant souvent ivre ou droguée à la " ganja ", la ville reste dangereuse.

Le 23 mars, dans l'après-midi, une rumeur dit Sanogo assassiné et la télévision passée aux mains de soldats loyaux à ATT. A 19 heures 15, le chef de la junte apparaît sur les écrans de la télévision nationale pour démentir l'annonce de sa mort. Il invite la population à reprendre ses activités et cherche à rassurer.

Peu de gens savent qui est Sanogo. Ce capitaine d'infanterie a été formateur à l'école d'officiers de Koulikoro, jusqu'à ce qu'il soit sanctionné et semble-t-il mis en disponibilité à la suite d'un bizutage qui a causé la mort de cinq élèves. Il a aussi effectué de nombreux stages aux États-Unis au titre de la coopération militaire (voir ci-contre). Il porte même un badge des Marines américains sur son uniforme.

Reste à savoir quand Sanogo a pris la tête du soulèvement. On peut se demander s'il ne travaillait pas en coulisse, avant le 20 mars, échauffant les esprits pour susciter la rébellion. En outre, sa proximité des Américains fait peser sur eux le soupçon d'ingérence.

Certes, Washington a dénoncé le putsch, mais on peut y voir une réaction diplomatique normale qui, dans la meilleure tradition des services de renseignement, n'empêcherait pas une intervention secrète en parallèle.

Alain Chevalérias

Notes
(1) On écrit aussi Amadou Hawa Sanogo.
(2) Du nom du fondateur de l'empire du Mali au XIIIème siècle.
(3) Serge Daniel est le nom de plume de ce journaliste d'origine béninoise.

source: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
 
Contre qui nous battons nos au Mali
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pierre qui protège contre l'ennemi
» Grosse colère contre la CAF
» oune video eud tcheu nous
» Appel à un front républicain contre Sarkozy...
» La flottille belgo-néerlandaise de lutte contre les mines

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Marsouins de France et d'outre-mer :: Bar des TDM :: L'Actualité-
Sauter vers: