Marsouins de France et d'outre-mer

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 L'embuscade d'Uzbin aussi écrit Uzbeen

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Jeanlouis

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Date d'inscription : 25/11/2009
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Localisation : Grasse - Alpes Maritimes

MessageSujet: L'embuscade d'Uzbin aussi écrit Uzbeen   Dim 18 Aoû - 22:47

Situation à Surobi avant l'embuscade

Les Français, qui ont déjà eu la zone sous leur contrôle en 2006 et 2007, n'ont dépassé le 35e parallèle qu'une seule fois, le secteur au-delà étant considéré comme dangereux.
Ensuite jusqu'en août 2008, le district de Surobi est sous la responsabilité de 140 soldats italiens, qui ont entrepris des actions civilo-militaires et des projets de développement en faveur de la population locale, dans le cadre de la stratégie « d'approche globale » de la FIAS, comme par exemple en rénovant des écoles, le gouvernement italien considérant que le mandat de la FIAS se limite à la stabilisation du pays sans engagement armé.
Le district est présenté par l'OTAN comme un exemple de réussite dans le rétablissement de la sécurité et il est considéré comme un secteur militaire tranquille. Cependant, certains officiels reconnaissent qu'il y avait encore des poches de résistance d'insurgés dans des zones isolées comme la vallée d'Uzbin. Des militants talibans et des forces loyales au seigneur de guerre Gulbuddin Hekmatyar sont reconnues comme actives dans le district.
Selon un reportage de The Times d'octobre 2009 et démenti par L'OTAN, le calme est dû au fait que les services secrets italiens ont payé les insurgés afin de ne pas subir d'attaque, pratique dont les Français n'étaient pas informés.
Les Italiens ne sortaient presque plus de la base depuis qu'ils comptaient un mort dans leurs rangs.

En août, à la suite du changement de commandement de la région centre de la FIAS, qui passe de l'Italie à la France, les forces françaises en Afghanistan remplacent les Italiens dans la base de Tora qui contrôle la route reliant Kaboul à la frontière pakistanaise.
Cette base avait été créée par l'Armée rouge au début de la guerre civile Afghane, et la garnison d'une cinquantaine de soldats russes avait été entièrement tuée en 1984, les blessés achevés par les moudjahidins.
Contrairement aux Italiens qui se cantonnaient à des actions humanitaires, les Français commencent des patrouilles militaires dans ce secteur stratégique, les talibans ayant des bases arrière au Pakistan.
Les Italiens n'étaient jamais allés dans la vallée d'Uzbin.
La France et ses militaires ont une image pro Massoud, nom du commandant d'ethnie Tadjik qui combattait les talibans alors que Gulbuddin Hekmatyar était opposé à Massoud.
Les soldats français font une reconnaissance dans la vallée trois jours avant l'embuscade, et ils sont prévenus de ne pas aller plus loin par des villageois.Les Français leur confirment néanmoins qu'ils reviendront.

"Déroulement" de l'embuscade

Disposition des forces

Le 18 août, une patrouille composée d'une centaine d'hommes quitte la base opérationnelle avancée de Tora à bord d'une vingtaine de véhicules blindés. Elle comprend la section Carmin 2 du 8ème R.P.I.Ma, la section Rouge 4 du R.M.T, une autre de l'Armée nationale afghane (ANA), une section de la garde nationale afghane composée de 15 hommes sur deux pick-ups et 12 membres des forces spéciales américaines, constituant une équipe de soutien aérien rapproché JTAC et de son escorte.
La mission consiste à reconnaître le terrain et prendre contact avec les populations, point important dans une guerre contre-insurrectionnelle, c'est-à-dire reprendre une zone abandonnée aux talibans.
La vallée d'Uzbin est moins déserte que les autres vallées alentour et est peuplée de 30 000 habitants.
La patrouille s'attend à trouver des insurgés talibans dans la vallée mais ne bénéficie d'aucune reconnaissance aérienne ou d'héliportage sur les crêtes pour éviter une embuscade, les hélicoptères français étant utilisés pour une mission d'inspection de haut-gradés.

Pendant ce temps, 140 insurgés prennent position sur le col que la patrouille doit traverser. Cette préparation des insurgés avait fait suspecter une fuite d'information volontaire ou forcée provenant notamment de traducteurs afghans, disparus peu auparavant du camp de Tora.
Cette information a été démentie par l'armée française et par les talibans, qui ont précisé qu'ils avaient des guetteurs et préparé des caches d'armes dans les environs.
Le groupe taliban est constitué principalement de combattants étrangers selon un communiqué du secrétaire général de l'Élysée, information démentie par un des chefs du groupe taliban qui admet cependant une aide en armes, combattants et financement de l'étranger.
Une enquête du Parisien montre que l'embuscade a d'abord été improvisée par des responsables locaux du Hezb-e-Islami Gulbuddin, parti islamiste armé considéré comme terroriste par la FIAS et qui tient la vallée d'Uzbin, auxquels se seraient joints les talibans devant l'ampleur de l'opération.
Une enquête du Nouvel Observateur a confirmé cette répartition des forces, qui était constituée aussi de villageois des environs affiliés à l'une ou l'autre des organisations, alors que, dans un autre entretien, des chefs talibans affirment que le Hezb-e-Islami Gulbuddin n'a pas participé à l'opération. Les journalistes précisent que la plupart des combattants talibans ayant participé à l'embuscade et leurs chefs sont des réfugiés afghans qui résident au Pakistan et passent fréquemment la frontière.
Les insurgés ont préparé l'embuscade dans le cadre d'une stratégie d'encerclement de la capitale afghane, Kaboul, l'OTAN dépendant à 70 % des approvisionnements passant par cette route qui va jusqu'à Jalalabad et au Pakistan. L'ordre a été donné depuis le siège du mouvement Hezb-e-Islami Gulbuddin basé au Pakistan, en concertation avec les talibans.
Cependant, des commandants talibans ayant participé à l'embuscade affirment que le Hezb-e-Islami Gulbuddin n'a pas participé à l'attaque, et que celle-ci a été préparée en deux heures à peine par trois unités de talibans afghans. Une partie d'entre eux vit au Pakistan qui n'est qu'à trois heures de la vallée de Surobi.
Le pays et les zones tribales pakistanaises abritent des millions de réfugiés afghans, la frontière est extrêmement poreuse et permet le passage de combattants ou de nombreux trafics tel que l'opium et les armes. Ces talibans étaient généralement soutenus par une partie des services secrets pakistanais. Une certaine rivalité existe entre les talibans et le Hezb-e-Islami Gulbuddin.

Embuscade et tentative d'encerclement des troupes françaises

Vers 13 heures 30, après avoir débarqué de quatre véhicules de l'avant blindé (VAB) parce qu'il était impossible de poursuivre par la piste, une partie de la section Carmin 2 accompagnée d'un légionnaire du 2ème R.E.P et d'un interprète, soit 24 hommes, effectue à pied une reconnaissance d'un petit col à 1 750 mètres d'altitude situé à l'est de la vallée d'Uzbeen et contrôlant les accès dominant le village de Sper Kunday, et situé à 10 kilomètres à peine de leur base.
Les quatre VAB de Carmin 2 et leurs équipages, soit 8 hommes, restent en soutien au pied du col, plus loin se trouve la section Rouge 4.
La section de l'ANA est retardée à la suite d'une panne et rejoindra le village plus tard. La section de la garde nationale, en fait une unité de police militaire, garde un barrage plus bas dans la vallée.

La colonne s'étirant, les premiers éléments arrivent à 15 heures 30 ou 15 heures 45 selon les sources à 50 mètres du but.
C'est alors que les talibans, situés sur la crête septentrionale, ouvrent le feu avec des fusils de sniper SVD Dragunov, des fusils d'assaut AK-47 et des lance-roquettes RPG-7.
L'avant garde de la section Carmin 2, prise par surprise et en infériorité numérique, est débordée.
Les combats sont confus, ont lieu dans la poussière, les belligérants sont très proches et il y a des pertes des deux côtés dès les premières minutes de l'engagement.
Le chef de section, l'adjudant Gaëtan Évrard, blessé, compare à la radio la situation à la bataille de Bazeilles.
L'interprète et un opérateur radio sont mortellement blessés, une deuxième radio est détruite et la colonne se disperse pour chercher des abris et s'éparpille sur 200 mètres.
Les talibans sont 150 et se battent à cinq contre un.
D'après un instructeur de Tora, trois snipers talibans concentrent leurs tirs sur certaines cibles : officiers, interprète, radio et infirmier, une technique militaire pakistanaise ou tchétchène.
Simultanément, les talibans attaquent depuis une crête au nord du village l'arrière de Carmin 2, c'est-à-dire le groupe de VAB qui est 600 mètres plus bas.
Les VAB répliquent à la mitrailleuse de 12,7 mm pour soutenir l'avant de la colonne qui est immobilisée par les tirs ennemis.
Les soldats français décrivent des talibans combattant avec des techniques occidentales, et ayant parfaitement préparé l'embuscade, coinçant les Français dans ce qui est décrit par les survivants comme une « zone [qui] était comme un fer à cheval. Nous étions en plein centre, encerclés.»

La section Rouge 4 du R.M.T, qui était placé en appui à un kilomètre du village, se porte au secours de la section prise sous le feu et atteint les abords de Sper Kunday huit minutes plus tard, mais sans faire la jonction avec l'arrière de Carmin 2, toujours fixée, et ne peut que la soutenir à distance avec ses mitrailleuses et quatre tirs de missile Milan.
Elle est aussi prise à partie par les tireurs talibans et ne peut déployer ses mortiers, pourtant réclamés par Carmin 2.
Les positions des talibans sur les crêtes d'un cirque leur permettent de manœuvrer pour essayer d'encercler la patrouille en descendant vers les abords du village. La patrouille est prise au piège et presque encerclée, elle peine à maintenir libre l'accès vers la vallée.
La patrouille demande des renforts dès 15 heures 52, puis le chef de section de Carmin 2 demande un appui aérien, à 16 heures 10, guidé par l'équipe JTAC américain.
Deux McDonnell Douglas F-15 Eagle américains en alerte arrivent quelques minutes plus tard mais ne peuvent bombarder car Français et talibans sont trop proches les uns des autres, une manœuvre tactique des talibans qui avaient anticipé la riposte aérienne.
Les Fairchild A-10 Thunderbolt II arrivent 10 minutes plus tard, mais sans pouvoir tirer eux non plus, à cause de l'imbrication. Une autre explication est que le JTAC américain était encore en formation et n'a probablement pas pu fournir un ciblage complet, ce groupe a été relayé une heure plus tard par un autre JTAC américain posté sur une crête proche.
La position est intenable pour la partie de Carmin 2 en haut du col qui essaye de se mettre à couvert des tirs croisés extrêmement précis en ripostant au FA-MAS ; des duels de snipers ont lieu. Les talibans sont si proches que les Français utilisent des grenades à main pour se dégager ; certains soldats se sacrifient pour couvrir la retraite de leur section et de leur sous-officier, maintenir le contact radio ou pour tenter de secourir les blessés.
Les munitions commencent à manquer pour Carmin 2.
Le lieutenant qui dirige la section Rouge 4 a plus tard dit « c'est un miracle qu'on s'en soit sorti ! ».

Arrivée des renforts

La force de réaction rapide appelée en renfort depuis Tora rejoint la zone de combat une heure vingt minutes après le début de la bataille, soit à 17 heures 05.
Elle est composée des sections Rouge 3 du R.M.T et Carmin 3 du 8ème R.P.I.Ma, renforcées d'une section d'appui disposant de mortiers, de VAB avec canons de 20 mm et de missiles Milan ainsi qu'une équipe de neutralisation et enlèvement des explosifs (EOD).
Elle est prise à partie avant d'arriver au village mais réussit à fournir un tir d'appui à Carmin 2 et Rouge 4 et ravitailler l'équipage des VAB de Carmin 2 en munitions2. Pendant ce temps, les talibans reçoivent également des renforts.

À 17 heures 50, les talibans continuent l'encerclement malgré les renforts et s'approchent dangereusement de Sper Kunday. La situation devenant critique les Fairchild A-10 Thunderbolt II et les Bell OH-58 Kiowa commencent leurs tirs d’appui aérien malgré la proximité des combattants.
Ils attaquent les positions des insurgés pendant une heure pour les empêcher d'encercler Sper Kunday et de poursuivre les éléments de Carmin 2 qui commencent à regagner le village, le plus souvent par petits groupes.
Certains témoignages de soldats font état de tirs amis lors de ces bombardements ou par des soldats de l'armée nationale afghane, informations démenties par l'état-major.
Deux hélicoptères Sikorsky UH-60 Black Hawk américains essayent d'évacuer les blessés mais ne peuvent se poser à cause des nombreux tirs talibans.

À 18 heures 15, deux hélicoptères Eurocopter EC725 Caracal venus de Kaboul déposent un médecin, des commandos de l'air puis, lors d'une deuxième rotation, quatre tonnes de fret dont trois et demi de munitions qui ont été immédiatement acheminés aux éléments sous le feu.
Les deux hélicoptères Caracal étaient au préalable retenus par leur mission d'extraction du président Hamid Karzai, mission pour laquelle ils étaient la seule escadrille entraînée disponible.
Les deux hélicoptères ainsi que le personnel soignant et les commandos de l'armée de l'air déposés sur la zone de combat, assurent ravitaillement et évacuation médicale de 18 heures à 8 heures le lendemain matin, soit 14 heures en continue.
À 18 heures 25, les mortiers de 81 mm du groupe de renfort commencent leurs tirs.

Au crépuscule vers 19 heures 30, Carmin 2 continue à se désengager, mais l'essentiel de la colonne est toujours quasiment encerclé, les talibans continuant leur mouvement d’encerclement du village.
Les mitrailleuses de 12,7 mm de Carmin 2 commencent à manquer de munitions.
En tout, certains éléments de Carmin 2 restent quatre heures encerclés sans renfort, dont une bonne partie sans autres munitions que celles de leur FA-MAS, d'autres plus de huit heures.
Une partie d'entre eux a l'impression d'avoir été abandonnée, mais l'état-major souligne que la perception du temps au cours d'un combat est altérée et que la compréhension des événements est réduite.
D'autres ravitaillements en munitions et surtout en eau ont été effectués pendant la nuit.
Une demi-heure plus tard, les renforts en provenance de Kaboul arrivent par la route. Ils sont constitués de trois sections du R.M.T ainsi que d'appui lourd sous la forme de tirs de mortier de 120 mm.
Les premiers blessés sont évacués par les deux hélicoptères Caracal. Des drones Predator guident les tirs alors qu'il fait nuit.

Reprise du contrôle de la zone par la FIAS

Dès 21 heures, la section Carmin 3 entreprend l'ascension du col pour dégager et ramener les hommes vivants ou morts.
À 22 heures, les renforts venant de Kaboul reprennent les abords du village.
Des hélicoptères Bell OH-58 Kiowa et des avions Lockheed AC-130 américains traitent les crêtes aux alentours. Deux heures plus tard la zone est sous contrôle, les tirs ont cessé à Sper Kunday et la section Carmin 3 suivie de la section Rouge 3 du R.M.T reprennent les positions perdues sur les pentes menant au col.
À 1 heure 40 le 19 août, les premiers corps des soldats sont retrouvés.
Pendant la nuit les forces spéciales norvégiennes aident les forces françaises.
La plupart des cadavres ont été dépouillés et certains corps ont été retrouvés alignés.
Les derniers ne sont retrouvés que le matin.
Tout au long de la nuit, les éléments de Carmin 2 coincés en haut du col redescendent en rampant dans l'obscurité, parfois à quelques mètres des talibans.
Un des chefs taliban de l'embuscade, le commandant Farouki, déclare plus tard que si la nuit n'était pas tombée, ils auraient tué tous les Français.

À l'aube, les troupes de la FIAS ont repris le contrôle du col où une section Carmin 1 est héliportée en renfort en Caracal. Ses éléments commencent à reconnaître les crêtes commandant le col, mais ils sont rapidement pris à parti par des tirs de mortier, d'armes légères et de mitrailleuse depuis le nord. Ils réussissent à se dégager et à détruire les positions de leurs assaillants en effectuant un tir de mortier de 120 mm.
À midi les talibans ont décroché, la vallée est à nouveau sous contrôle de la FIAS qui procède au désengagement complet.

Poursuite des talibans et accusations de représailles sur des civils

Des bombardements ont lieu dans la nuit sur les talibans qui se sont repliés dans la province de Laghmân. Ayant eu des morts et des blessés, ils se sont séparés pour aller vers trois villages non loin de l'embuscade, villages qui ont été bombardés pendant trois jours par les forces de l'OTAN, faisant 40 morts civils, des dizaines de blessés, détruisant 150 maisons et créant 2 000 réfugiés.
Un des villages a reçu 70 bombes et beaucoup d'habitants afghans considèrent ces bombardements comme des représailles. Le général Georgelin devant la commission de défense des forces armées mentionne comme résultat que ces bombardements permettent « de détruire deux énormes caches destinées à la logistique des insurgés », mais sans évoquer des dommages collatéraux.
Pour les services secrets afghans, ce sont surtout des femmes et des enfants qui ont été tués dans les bombardements de l'OTAN, prouvant la participation des hommes à l'embuscade.
Le village de Sper Kundai a également subi quatre tirs de missiles Milan français selon des témoignages militaires.
Le commandant taliban Farouki qui a dirigé une partie de l'embuscade déclarera plus tard qu'« une maison bombardée, c'est un nouveau combattant à nos côtés. Ça s'appelle l'esprit de vengeance. C'est normal. Surtout ici.»

Bilan

Les pertes de la FIAS sont lourdes surtout pour l’armée française qui perd dix hommes dont huit tués par balles ou éclats d'obus, un tué à l'arme blanche et un dernier dans un accident alors qu'il se rendait sur les lieux du combat.
L'interprète afghan qui accompagnait les Français a été tué après avoir été torturé et son cadavre a été retrouvé mutilé.
Il y a en outre 21 blessés français et l'armée afghane compte 2 blessés.

Les premières communications officielles évoquaient des pertes françaises seulement lors des premiers tirs talibans alors que des soldats témoins ont évoqué des pertes tout le long de l'affrontement, certains morts ayant succombé à leurs blessures car ne pouvant être évacués.
Le fait que les corps aient été retrouvés alignés et des témoignages de soldats français faisant état de plusieurs Français égorgés indiquent que quatre soldats français capturés auraient pu être exécutés, information d'abord démentie par l'armée française et le gouvernement mais confirmé ensuite pour au moins un soldat.

Des commandants talibans ont affirmé ne pas avoir torturé les blessés mais les avoir achevés.
La section Carmin 2, celle fixée en haut du col, compte à elle seule 9 morts et 17 blessés pour 31 hommes engagés.
Selon un porte-parole des talibans, cinq véhicules ont également été détruits, et des mines ont été utilisées au cours de l'attaque.
De l'équipement militaire léger a été capturé par les insurgés, dont quatre FA-MAS, deux mitrailleuses légères FN Minimi, deux fusils de précision FR-F2, des jumelles, des radios, des gilets pare-balles et des casques. Six VAB ont été endommagés.

L'ampleur des pertes talibanes est plus débattue.
Selon le général de corps d'armée Benoît Puga, sous-chef opérations de l'Etat-major des armées, une quarantaine d'insurgés sont mis hors de combat dont deux chefs rebelles le jour de l'embuscade, et environ 40 autres rebelles sont également mis hors de combat dans les jours qui suivent lors d'opérations de contre-attaque.
Un seul cadavre a été découvert au lendemain de l'embuscade par les troupes de la FIAS selon des sources du Canard enchaîné, confirmé plus tard par l'armée française.
Le journaliste Frédéric Pons reprend ce chiffre de 80 talibans tués dans ce combat et la contre-offensive.
Le 24 septembre 2008, le chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar revendique la responsabilité de l'attaque, et affirme que dix de ses hommes sont morts dans les combats.
Les talibans ont également perdu selon l'armée française un important cadre fondamentaliste.

Quatre missiles Milan ont été tirés contre le village de Sper Kunday, et des attaques aériennes ont été lancées contre d'autres hameaux le lendemain.
Selon l'agence Pajhwok, ces attaques auraient fait de plusieurs dizaines à quarante victimes civiles et 2 000 réfugiés.
Si l'embuscade représente les pertes les plus élevées en une seule fois depuis 25 ans pour l'armée française, elle n'est pas un acte exceptionnel ou isolé dans cette semaine de la guerre d'Afghanistan : le jour du début de l'embuscade, une voiture piégée tue une dizaine de civils à Khost et des commandos suicide talibans équipés de vestes explosives attaquent plus tard la base américaine de la ville sans faire de victimes à part eux-mêmes.
Les combats qui s'ensuivent durent douze heures5. Deux jours après la fin de l'embuscade d'Uzbin, un bombardement américain ciblant un chef taliban sur le village d'Azizabad fait 90 morts civils dont 60 enfants selon l'Organisation des Nations unies.

Cartographie:

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Arrivée à 50 mètres du col, Carmin 2 se retrouve sous le feu de deux groupes d'insurgés au nord et au sud de sa position.

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Rouge 4 fait mouvement pour secourir Carmin 2 et tombe sous le feu d'un troisième groupe d'insurgés embusqués derrière une crête au nord de Sper Kunday.

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Rouge 4 se déploie et contourne Sper Kunday par le nord. Ce faisant, elle tombe sur un autre groupe d'insurgés faisant mouvement pour encercler le village et prendre les VABs de Carmin 2 à revers. Un combat de rencontre éclate.

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Guy



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Date d'inscription : 20/02/2010

MessageSujet: Re: L'embuscade d'Uzbin aussi écrit Uzbeen   Dim 25 Aoû - 15:53

Salut Jeanlouis
merci pour ce rappel de triste mémoire...

Si quelqu'un pouvait m'expliquer : je n'ai pas tout compris.
Vers 13 heures 30, après avoir débarqué de quatre véhicules de l'avant blindé (VAB) parce qu'il était impossible de poursuivre par la piste, une partie de la section Carmin 2 accompagnée d'un légionnaire du 2ème R.E.P et d'un interprète, soit 24 hommes, effectue à pied une reconnaissance d'un petit col à 1 750 mètres d'altitude a écrit:
4 VAB emportent 48 bonshommes mais seulement 24 procèdent à la reconnaissance, pourquoi?
Ayant servi en tant que pilote je sais que le chef de groupe était sur route dans la tourelle et lorsque le groupe était débarqué le pilote prenait sa place en tourelle, alors pourquoi :
Les quatre VAB de Carmin 2 et leurs équipages, soit 8 hommes, restent en soutien au pied du col a écrit:
il ne devrait en rester que 4 : les pilotes. Les règles ont elles changé?

Ici je dis carrément : NON!
D'après un instructeur de Tora, trois snipers talibans concentrent leurs tirs sur certaines cibles : officiers, interprète, radio et infirmier, une technique militaire pakistanaise ou tchétchène. a écrit:
J'ai aussi suivit l'entraînement du TE, et le tir sur les cadres et communications était déjà la règle en 1980, ce n'est pas une spécialité pakistanaise ou tchétchène!

Pour terminer, je pense toujours que cette intervention en Afghanistan était pour faire plaisir à notre "roi" qui voulait faire plaisir à un copain, c'est un habitué du fait : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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nos morts en Afghanistan ne lui ont pas coupé l'appétit...
Amitiés
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