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 LES INSIGNES DES TROUPES FRANCAISES EN CHINE

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Jeanlouis

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Date d'inscription : 25/11/2009
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Localisation : Grasse - Alpes Maritimes

MessageSujet: LES INSIGNES DES TROUPES FRANCAISES EN CHINE   Lun 28 Déc - 2:45

LES TROUPES FRANÇAISES EN CHINE.

Introduction:
Avec ses 400 millions d'habitants, la Chine est, au début du XIXème siècle le pays le plus vaste et le plus peuplé du monde (1). Son influence s'étend sur les états voisins: Corée, Turkestan, Tibet, Mongolie, Indochine, voir Birmanie dont les souverains lui paient tribut. Repliée sur elle-même, figée dans sa civilisation millénaire brillante mais attardée, elle n'est connue qu'au travers des récits de rares voyageurs - Marco Paulo en est le plus illustre. "C'est un géant qui dort". Mais le fabuleux marché qu'elle représente ne pouvait que susciter convoitises - et rivalités - de la part des puissances européennes d'abord, suivies des Etats-Unis et, eux-même par le Japon - toutes entrées - ou entrant - dans l'ère industrielle moderne et avides de débouchés pour leurs produits.
L'ouverture du marché chinois au commerce international n'ira pas sans conflits: guerre de l'Opium ( 1839-1842) avec la Grande-Bretagne, expéditions franco-britanniques de 1858 et 1860, guerre sino-japonaise en 1894-1895, guerre des Boxers (1900-19001). Et lorsque les ambitions territoriales entre nations étrangères se heurtent ce sera encore la guerre Russie-Japon ( 1904-1905).

La France participera à cette course aux intérêts économiques (2). elle obtiendra - avec d'autres puissances - l'ouverture en nombre toujours croissant de ports à son trafic ainsi que des concessions pour l'établissement de ses nationaux et, après la guerre des Boxers, des droits d'occupation militaire?
A leur origine ces différents droits n'ont pas la même valeur juridique, aussi convient-il d'en rappeler brièvement la chronologie et de les résumer.

I - OUVERTURE DES PORTS " Les cinq ports" et " Les ports à traités"
Par le traité de Nankin du 20 août 1842, mettant fin, à la guerre de l'Opium, l'Angleterre obtient l'ouverture de cinq ports à son commerce ( Canton, Amoy, Ning-Po, Foochow,et Changaï ), avec droit d'y installer des Consuls. Ils sont dits " les 5 ports".
La France qui ne veut pas être en reste, se fera reconnaître par le traité de Whampoa du 24 octobre 1844, les mêmes avantages dans ces ports.
Par la suite,après les expéditions franco-britanniques de 1858 et 1860 et d'accords ou traités subséquents, de nouveaux ports seront ouverts au trafic, ils seront dénommés "ports à traités".
Finalement, à la veille de la première guerre mondiale, c'est plus d'une centaine de ports qui seront accessibles aux navires étrangers.

(1) Actuellement, la Chine, avec ses 9 780 000 km² ( après que la Mongolie extérieur ait proclamé son indépendance en 1921) se situe au 3° rang mondial pour la superficie . Elle n'est devancée que par la Russie ( ex- République Fédérative Socialiste Soviétique de Russie) avec 17 117 300 km².
(2) En 1884-1885, un conflit oppose la France à la Chine. Il porte sur notre établissement en Annam et au Tonkin.


II - LES CONCESSIONS
" Ce sont des zones de terrain, dans un port à traité, louées à bail par le gouvernement chinois à une ou plusieurs puissances étrangères ( concessions nationale ou internationale ) avec institutions personnelles prolongeant l'exterritorialité juridictionnelle. Les Consuls ou les Conseils Municipaux ou les chinois sont représentés, s'y partagent l'autorité locale" .
Les chinois accorderont, le plus souvent, des terrains marécageux, jugés insalubres et propres à décourager tout établissement humain.
C'est Charles de Montigny, Vice-Consul de France à Changhaï et Ning-Po qui en concluant en mai 1849 la première concession d'établissement pour un de nos nationaux à Changaï.
Au début de la 2° Guerre Mondiale, la France détenait des concession - outre Changhaï - à Tientsin (1858), Hankou (1866) et Shameen (Canton).

III LES DROITS D'OCCUPATION MILITAIRE
Le 7 septembre 1901 la Chine accepte le protocole qui lui a été présenté par les ambassadeurs Alliés et qui met fin à la guerre des Boxers. En application de son article VII, des forces armées étrangères occuperont douze points sur la voie ferrée Pékin - Shan-Hai-Kouan (frontière sino-mandchoue,) pour assurer la sécurité des communications avec la mer.
De plus le quartier des Légations à Pékin devient un quartier réservé aux étrangers avec droit de garde militaire.

Par voie de conséquence, la 1° Brigade d'Infanterie Coloniale du Corps Expéditionnaire Français, commandée par le Général FREY, prend nom de "Brigade d'Occupation" avec P.C. à Tientsin.
En 1905, cette appellation devient " Corps d'Occupation de Chine" ( C.O.C.). Elle sera remplacée en 1928 par celle de "Troupes Françaises en Chine", mais en décembre 1939, devant la montée de la tension en Extrême-Orient, le commandement en sera transféré de Tientsin à Changhaï.

A la même époque - et toujours en application du Protocole de 1901 - la France continuait d'entretenir des garnisons à Tientsin ( Ville et Arsenal de l'Est), Pékin ( Quartier Diplomatique, Caserne Voyron), Tongkou, Chin-Wang-Taoo et Shan-Hai-Kouan.
Nous ne mentionnerons que pour mémoire le territoire de Kwan-Tché-Wan, loué à la France le 22 avril 1898 pour 99 ans, lequel est administré par le Gouvernement Général de l'Indochine.

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Photo de 1947.

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Insigne du Corps d'Occupation de Chine (carte de vœux).

Si la concession de Tientsin bénéficie de la protection militaire découlant de l'article VII, il en va autrement en Chine du sud - et ceci mérite d'être souligné - aucun traité n'autorise expressément le stationnement et l'entretien de forces étrangères dans les concessions.

Les événements vont cependant contraindre les puissances bénéficiaires, dont la France, à y envoyer des troupes pour protéger leurs nationaux. Ce sera le cas en 1900, au moment de la guerre des Boxers; la France, l'Allemagne, la Grande Bretagne et le Japon entretiendront à Changhaï un contingent de 2000 à 3000 hommes chacune.
La paix revenue, le gouvernement chinois ne manquera pas de soulever cette atteinte à ses droits et de demander leur retrait.
Elle seront effectivement retirées sous réserves, toutefois, de revenir si les circonstances les y obligeaient.
Ce qui se produira pour la France en 1923, puis en 1925, mais, cette fois les unités ne repartiront plus : Changhaï, Hankéou et Canton deviennent garnisons permanentes.
Les événements extérieurs, la confusion qui règne dans le pays ont fait évoluer le statut des concessions : de commercial à l'origine il devient, avec une présence militaire, également politique. De facto elles constituent des enclaves étrangères. Havre de sécurité pour les personnes et les biens, leur prospérité est remarquable.Celle de Changhaï, qui les symbolise, est prodigieuse.En moins d'un siècle la petite cité chinoise est devenu en 1934, la première ville du continent asiatique et son port, qui voit passer les trois quarts du commerce du pays, s'est hissé au 5° rang mondial.

En 1943, la France renonce à ses concessions. Du fait de la guerre, qui fait rage dans le Pacifique, le rapatriement des unités sur l'Indochine ( fin 1945 elles ont été placées sous le commandement du C.E.F.E.O. du Général LECLERC ) ne pourra se faire qu'en 1946. Elles seront dissoutes.
La page de Chine est alors tournée.
Mais elle est tournée sans gloire
Le temps efface lentement le souvenir des unités qui tenaient garnison dans ces lointaines cités aux noms prestigieux : Pékin, Tientsin, Changhaï...
Elles nous ont laissé leurs insignes.

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