Marsouins de France et d'outre-mer

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 général George S. Patton

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bruno
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bruno

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MessageSujet: général George S. Patton   général George S. Patton I_icon_minitimeLun 28 Déc - 18:06




































le discours original prononcé par le général George S. Patton


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Dans l'histoire militaire, les officiers généraux
immensément populaires au sein de leurs Grandes unités restent une
espèce rarissime; la Seconde guerre mondiale en a pourtant produit
quelques uns: Montgomery, Leclerc, Patton, MacArthur ou encore Rommel.

Cette emprise si particulière, qui fait d'un individu
particulier le point de mire de milliers d'hommes, ne peut s'expliquer
par des critères uniformes, applicables à l'ensemble. Tout au plus
peut-on distinguer ça et là quelques traits précis: le regard d'aigle
de MacArthur et son prophétique "Je reviendrai!", le Fingerspitzengefühl de Rommel et son omniprésence au plus fort des combats, par exemple.

Dans le cas du lieutenant-général George S. Patton, le
propos cru, direct et imagé constitue toutefois un trait
caractéristique de sa méthode pour le moins énergique de commandement.
Cet aspect apparaît de manière particulièrement évidente dans le texte
ci-dessous, prononcé devant plusieurs centaines de soldats de la
Troisième armée peu avant le Débarquement en Normandie. Ce texte, qui a
été repris avec quelques omissions dans le film consacré au général
Patton et dont il fait d'ailleurs office d'ouverture, est disponible
dans plusieurs versions; seuls toutefois quelques détails diffèrent.

Quelque part en Angleterre, juin 1944

"Prenez place."

Messieurs, ces bruits qui courent à propos d'une
Amérique voulant sortir de la guerre, refusant le combat, ne sont que
des tas de conneries. Les Américains aiment se battre, par tradition.
Tous les vrais Américains aiment l'éclat et le fracas de la bataille.

Vous êtes ici aujourd'hui pour trois raisons.
Premièrement, vous êtes ici pour défendre vos foyers et ceux que vous
aimez. Deuxièmement, vous êtes ici pour votre propre respect, parce que
vous ne voudriez être nulle part ailleurs. Troisièmement, vous êtes ici
parce que vous êtes des vrais mecs et que les vrais mecs aiment
combattre. Lorsque vous ici, chacun d'entre vous, étiez enfants, vous
admiriez tous le champion au jeu de billes, le coureur le plus rapide,
le boxeur le plus dur, les joueurs de base-ball de la grande ligue et
les joueurs de football du All-American. Les Américains aiment un
vainqueur. Les Américains ne tolèrent pas un perdant. Les Américains
méprisent les couards. Et ils jouent toujours pour gagner. Je ne
pousserais même pas une huée pour un homme qui perd et rit. C'est
pourquoi les Américains n'ont jamais perdu ni ne perdront jamais une
guerre; parce que la simple idée de perdre est odieuse à un Américain.

Vous n'allez pas tous mourir. Seuls deux pour-cent
d'entre vous, ici aujourd'hui, vont mourir dans une bataille majeure.
La mort ne doit pas être crainte. La mort, avec le temps, vient à tous
les hommes. Oui, chaque homme est effrayé par sa première bataille.
S'il dit qu'il ne l'est pas, c'est un menteur. Certains hommes sont des
couards mais combattent de la même manière que des hommes braves, ou
ils sentent l'enfer sortir d'eux en voyant combattre des hommes aussi
effrayés qu'ils le sont. Le vrai héros est l'homme qui combat même s'il
a peur. Certains hommes surmontent leur peur après une minute sous le
feu. Pour d'autres, cela prend une heure. Pour certains, cela prend des
jours. Mais un homme véritable ne laissera jamais sa peur de la mort
prendre le pas sur son honneur, sur son sens du devoir à son pays, et
sur son courage naturel. La bataille est la plus magnifique compétition
à laquelle un être humain puisse s'adonner. Elle révèle ce qu'il y a de
meilleur et efface ce qu'il y a de vil.

Souvenez-vous que l'ennemi est aussi effrayé que vous
l'êtes, et probablement davantage. Ce ne sont pas des supermen. A
travers vos carrières dans l'armée, vous avez tous râlé contre ce que
vous appelez le "putain d'entraînement à la peur." Cela, comme
n'importe quoi d'autre dans l'armée, a un objectif défini. Cet objectif
est la vigilance. La vigilance doit être développée en chaque soldat.
Je ne donne pas une bille pour un type qui n'est pas toujours sur ses
gardes.

Vous êtes tous des vétérans ou vous ne seriez pas ici.
Vous êtes prêts pour ce qui est à venir. Un homme doit être vigilant à
chaque instant s'il s'attend à rester en vie. Si vous n'êtes pas
vigilant, un beau jour, un fils de connasse de pute allemand va se
faufiler derrière vous et vous frapper à mort avec un paquet de merde!
Il y a quatre-cent tombes alignées avec ordre quelque part en Sicile,
toutes parce qu'un homme s'est laissé aller à dormir durant le boulot.
Mais ce sont des tombes allemandes, parce que nous avons attrapé le
salaud avant qu'ils ne le fassent.

Une armée est une équipe. Elle vit, dort, mange et
combat comme une équipe. Ces histoires d'héroïsme individuel ne sont
que de la merde de cheval. Les petits bâtards qui écrivent ce genre de
foutaises pour le Saturday Evening Post n'en savent pas beaucoup plus
sur combattre sous le feu que sur tirer un coup! Nous avons la
meilleure nourriture, le meilleur matériel, le meilleur moral et les
meilleurs hommes du monde. C'est pourquoi, par Dieu, en fait j'ai pitié
des pauvres fils de pute que l'on va affronter. Par Dieu, j'en ai pitié.

Mes hommes ne se rendent pas, et je ne veux pas
entendre parler d'un soldat sous mon commandement capturé, à moins
qu'il ait été touché. Et même si vous êtes touché, vous pouvez toujours
répliquer. Ce ne sont pas des conneries. Le type d'homme que je veux
commander est celui de ce lieutenant qui, en Libye, avec un Luger sur
la poitrine, a arraché son casque, écarté le pistolet d'une main et
envoyé le Boche en enfer avec son casque. Puis il a sauté sur le
flingue, est sorti et a tué un autre Allemand avant qu'ils ne sachent
ce qui leur tombait dessus. Et pendant tout ce temps cet homme avait
une balle dans un poumon. Voilà un vrai mec!

Tous les vrais héros ne sont pas des combattants tirés
des livres d'histoires. Chaque individu dans cette armée joue un rôle
vital. Ne vous laissez jamais aller. Ne pensez jamais que votre boulot
est sans importance. Chacun a un boulot à faire et il doit le faire.
Chacun est un maillon vital dans la grande chaîne. Que se passerait-il
si chaque chauffeur de camion décidait soudain de ne pas aimer le
miaulement des balles au-dessus, de se retourner et de sauter tête la
première dans le caniveau? Le salaud de poltron pourrait dire, 'Putain,
ils vont pas me rater, juste un homme parmi des milliers.' Mais si
chaque homme pensait ainsi? Où diable serait-on aujourd'hui? A quoi
ressembleraient notre pays, nos familles, nos foyers et même le monde?
Nom de Dieu, les Américains ne pensent pas ainsi. Chacun fait son
boulot. Chacun sert l'ensemble. Chaque département, chaque unité est
importante dans le vaste système de cette guerre. Les hommes de la
logistique sont requis pour approvisionner les canons et la machine de
guerre pour nous permettre de continuer à avancer. Le quartier-maître
est requis pour apporter de la nourriture et des habits, parce que là
où nous allons, il n'y en pas des masses à voler. Chaque dernier homme
sur l'organigramme a un boulot à faire, même celui qui réchauffe notre
flotte pour nous éviter la diarrhée du soldat.

Chaque homme ne doit pas seulement penser à lui-même,
mais aussi au pote qui combat à ses côtés. Nous ne voulons pas de
couards à foie jaune dans cette armée. Ils devraient être exterminés
comme des rats. Sinon, ils rentreront chez eux après cette guerre et
produiront d'autres couards. Les hommes braves produiront d'autres
hommes braves. Eliminez ces putains de couards et nous aurons une
nation d'hommes braves. L'un des types les plus braves que j'aie vu
était un gars au sommet d'un poteau de télégraphe au beau milieu d'un
furieux combat en Tunisie. Je me suis arrêté et lui ai demandé ce qu'il
pouvait bien foutre là-haut à un instant pareil. Il a répondu, 'Je fixe
le câble, Monsieur.' Je lui ai demandé, 'N'est-ce un peu malsain juste
maintenant?' Il a répondu, 'Oui, Monsieur, mais ce satané câble doit
être fixé.' Je lui ai alors demandé, 'Est-ce que ces avions qui
mitraillent la route ne vous inquiètent pas?' Et il a répondu, 'Non,
Monsieur, mais vous sûrement!'

Voilà un vrai mec. Un vrai soldat. C'était un homme
qui a consacré tout ce qu'il avait à son devoir, quel que puisse
apparaître insignifiant son devoir à l'instant, quelles que soient ses
chances. Et vous auriez dû voir ces camions durant notre chevauchée en
Tunisie. Ces chauffeurs étaient magnifiques. Durant toute la journée et
toute la nuit ils roulaient sur ces putains de routes, sans jamais
s'arrêter, sans jamais hésiter quant à l'itinéraire, avec des obus
explosant tout autour en permanence. Nous sommes passés grâce au bon
vieux cran américain.

Beaucoup de ces hommes ont conduit pendant plus de 40
heures consécutives. Ce n'étaient pas des combattants, mais des soldats
avec un job à faire. Ils l'ont fait, et sacrément bien fait. Ils
faisaient partie de l'équipe. Sans effort d'équipe, sans eux, le combat
aurait été perdu. Quand tous les maillons de la chaîne sont ensemble,
celle-ci devient incassable.

N'oubliez pas, vous ignorez tous que je suis là.
Aucune mention de ce fait ne doit apparaître dans aucune lettre. Le
monde n'est pas censé savoir ce qui diable a pu m'arriver. Je ne suis
pas censé commander cette armée. Je ne suis même pas censé être ici, en
Angleterre. Laissons ces maudits Allemands être les premiers salauds à
le découvrir. Je veux les voir un beau jour se dresser sur leurs pattes
arrières pleines de pisse et hurler, 'Jésus-Christ, c'est de nouveau
cette satanée Troisième armée et ce fils de pute de Patton.' Nous
voulons leur amener l'enfer. Plus vite nous nettoierons ce foutu
merdier, plus vite nous pourrons faire une petite balade contre ces
pisse-violets de Japs et aussi nettoyer leur repaire. Avant que ces
damnés Marines n'aient tous les honneurs.

Bien sûr, nous voulons rentrer chez nous. Nous voulons
en finir avec cette guerre. Le moyen le plus rapide d'en finir est
d'aller attraper les bâtards qui l'ont commencée. Plus vite ils seront
balayés, plus vite nous pourrons rentrer. Le plus court chemin pour la
maison passe par Berlin et Tokyo. Et quand nous atteindrons Berlin, je
vais personnellement abattre ce gibier de potence de fils de pute de
Hitler. Juste comme j'abattrais un serpent!

Lorsqu'un homme est couché dans un trou d'obus, s'il
reste juste là toute la journée, un Allemand finira par l'avoir. Au
diable une telle idée. Mes hommes ne creusent pas de trous de
tirailleurs. Je ne veux pas qu'ils le fassent. Les trous de tirailleurs
ne font que ralentir une offensive. Continuez à avancer. Et ne donnez
pas non plus à l'ennemi le temps d'en creuser. Nous gagnerons cette
guerre, mais nous la gagnerons seulement en nous battant et en montrant
aux Allemands que nous avons plus de cran qu'ils en ont; ou qu'ils en
auront jamais. Nous n'allons pas juste abattre ces fils de pute, nous
allons leur arracher leurs maudites tripes et les utiliser pour
graisser les bandes de roulement de nos chars. Nous allons assassiner
ces pouilleux de suceurs de queues de Huns à la pelle!

La guerre est une chose sanglante et meurtrière. Vous
devez faire couler leur sang, ou ils feront couler le vôtre.
Arrachez-leur le nombril. Tirez-leur dans les tripes. Lorsque les
balles s'écrasent tout autour de vous, que vous essuyez la boue de
votre visage et que vous réalisez qu'au lieu de boue il s'agit du sang
et des tripes de ce qui était votre meilleur ami, vous saurez que
faire!

Je ne veux pas recevoir de message disant, 'Je tiens
ma position.' Nous tenons pas le moindre foutu truc. Laissons les
Allemands le faire. Nous avançons constamment et nous ne sommes pas
intéressés à tenir quoi que ce soit, à part les couilles de l'ennemi.
Nous allons lui tordre les couilles et lui botter les fesses en
permanence. Notre plan d'opérations de base consiste à avancer et à
continuer d'avancer, sans se soucier de devoir passer sur, sous ou à
travers l'ennemi. Nous allons le traverser comme la fiente dans une
oie; comme de la merde dans un klaxon!

De temps en temps, il y aura quelques plaintes que
nous poussons trop durement nos gens. Je me fous complètement de telles
plaintes. Je crois en la vieille et saine règle qu'une once de sueur
épargnera un gallon de sang. Plus fort nous pousserons, plus
d'Allemands nous tuerons. Et plus nous tuerons d'Allemands, moins de
nos hommes seront tués. Pousser signifie moins de pertes. Je veux que
vous vous souveniez tous de cela.

Il y a une grande chose que vous serez capable de
dire, quand cette guerre sera terminée et que vous serez de nouveau
chez vous. Vous serez peut-être reconnaissants, lorsque dans vingt ans
vous serez assis près de la cheminée avec votre petit-fils sur le genou
et qu'il vous demandera ce que vous avez fait durant la grande Deuxième
guerre mondiale, vous n'aurez pas à tousser, le poser sur l'autre genou
et lui dire, 'Eh bien, ton grand-père a pelleté de la merde en
Louisiane.' Non, Monsieur, vous pourrez le regarder droit dans les yeux
et lui dire, 'Fils, ton grand-père a chevauché avec la grande Troisième
armée et un satané fils de pute nommé Georgie Patton!'

"C'est tout."



Traduction: Plt Ludovic Monnerat





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Et au Nom de Dieu, vive la coloniale.
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