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 Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"

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MessageSujet: Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"    Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"  I_icon_minitimeVen 2 Sep - 4:02

Bonjour,

L’exceptionnelle série télévisée anglaise Yougoslavie, suicide d’une nation européenne, rediffusée sur France 2, deux reportages au Kosovo et Là-bas si j’y suis sur France Inter : trois documents mettent au jour la politique de purification ethnique de Milosevic à partir de témoignages des principaux acteurs du conflit.

“Tout commence au Kosovo.” Dès le début du premier volet de la série documentaire anglaise Yougoslavie, suicide d’une nation européenne (The Death of Yugoslavia), Brian Lapping, auteur-producteur, situe l’origine de la guerre qui sévit en Yougoslavie depuis 1990 dans ce petit territoire autonome de Serbie, aujourd’hui soumis au “nettoyage ethnique”. Dès la fin des années 80, les tensions entre Serbes et Albanais du Kosovo, province intégrée de force en 1989 à la Serbie par Slobodan Milosevic, déclenchèrent l’ensemble des conflits dans les Balkans. Divisée en six parties ­ de l’irrésistible ascension de Milosevic, qui s’empare du pouvoir en Serbie et exalte le sentiment national, à la guerre en Croatie et en Bosnie, jusqu’aux négociations internationales et aux accords de Dayton, en attendant un septième épisode, en cours, sur la crise au Kosovo ­, la série retrace chronologiquement l’enchaînement des événements décisifs de la guerre tout en les mettant en perspective, en décortique les modes de décision et les stratégies des acteurs.

Saluée comme un “documentaire d’un genre nouveau”, une “oeuvre de salut public” lors de sa première diffusion sur Canal+ en octobre 1995, cette série, produite par la BBC, que France 2 a décidé de rediffuser trois dimanches de suite, se révèle, plusieurs années après, toujours aussi pertinente. En écho aux événements tragiques actuels, elle gagne à être vue et/ou revue, parce qu’elle résume, éclaire, englobe, explique, comme aucun reportage ou émission spéciale n’a réussi à le faire, les raisons et les enjeux de la guerre. On y découvre comment les Serbes, et à un degré moindre les Croates, ont pratiqué depuis 1991 les expulsions et massacres de populations au nom de la “purification ethnique”, comment dans la région, en huit années, deux cent mille personnes ont été tuées et trois millions déplacées.

Le secret de la réussite époustouflante de cette oeuvre télévisuelle tient d’abord aux moyens inhabituels, à la fois financiers et humains, déployés pour sa réalisation. Deux ans d’enquête, un budget de 16 millions de francs, quinze équipes de reporters sur le terrain… Rarement une série documentaire aura connu un tel “luxe” en termes de conditions de travail. Le temps long de préparation que le réalisateur Brian Lapping s’est accordé crée, selon lui, “une vraie différence avec les documentaires classiques”. “Mes équipes ont eu de longs entretiens avec tous les chefs d’Etat de l’ex-Fédération, mais sans les filmer, précise-t-il, et à leur retour à Londres, ils ont tout décortiqué afin de se faire leur propre opinion sur les sujets à traiter, vérifier quel témoignage corrobore un autre ou le contredit. Cette période de digestion a duré deux mois, puis les équipes sont parties filmer.”

Norma Percy, la coordinatrice de la série, a enquêté en Serbie et au Monténégro, Paul Mitchell et Angus Macqueen ont travaillé en Croatie et en Slovénie, avant de se rendre tous en Bosnie, dans des camps opposés. Les témoignages qu’ils ont recueillis de tous côtés reposent sur des faits extrêmement précis : “Mes journalistes sont très documentés ; si par exemple la personne qu’ils interrogent ne se souvient pas précisément d’une conversation pendant une réunion importante, ils insistent, ils lui demandent de rechercher dans son agenda les dates précises, de ressortir les comptes rendus des réunions, ils font pression en indiquant qu’ils vont poser la même question à son adversaire afin d’obtenir sa version de la rencontre.” Ce souci constant de confronter les témoignages constitue la grande originalité de la série. Forgée en véritable style d’écriture, la méthode comparative a ici une portée descriptive et explicative indéniable. Chaque propos est mis en balance avec celui d’un rival. Toutes les versions des faits sont proposées aux téléspectateurs, des plus cyniques ­ Slobodan Milosevic, son bras droit Borisav Jovic, Vojisla Seselj, chef militaire serbe, Radovan Karadzic, leader serbo-bosniaque, et tous les miliciens serbes… ­ aux plus courageuses ­ Alija Izetbegovic, président de la Bosnie, Milan Kucan, président de la Slovénie… La multiplication des points de vue, montés en alternance (souvent, le discours d’un témoin est coupé par le témoignage d’un autre, qui légitime ou annule le premier) et appuyés par un commentaire sobre et retenu, d’une clarté exemplaire, permet au téléspectateur de se faire une opinion.

Rencontrer les principaux protagonistes du conflit a nécessité “un vrai travail de diplomate et de persévérance”, explique Brian Lapping, notamment “pour arriver à les convaincre de parler simultanément alors que la guerre continue”. Les équipes de la BBC ont réussi ce que personne encore, dans l’histoire de la télévision, n’avait fait : tous les intervenants majeurs d’une guerre en cours racontent leur version des étapes décisives du conflit. La gageure consistait en effet à écrire le récit de cette guerre tout en prenant le recul nécessaire à sa compréhension. C’est dans cet entre-deux de l’analyse, dans un espace étroit entre d’un côté l’approche journalistique, en proie à l’histoire en marche, et de l’autre la démarche analytique, fondée sur la critique historique, que Yougoslavie, suicide d’une nation européenne trouve une place de choix.

En plus de la richesse des interviews ­ de leur contenu comme de leur nombre ­, Brian Lapping a réuni une somme impressionnante d’images, prises aussi bien par ses équipes de tournage et celles des télévisions occidentales que par de simples amateurs. Images insupportables de Vukovar, dévasté après sa chute, les rues jonchées de cadavres, images de corps de Croates brûlés vivants, tués à coups de hache, images de Bosniaques de Sarajevo ou de Zvornik exécutés par les miliciens serbes… Lapping s’est aussi procuré quelques documents d’archives étonnants, comme cette réunion tendue du Conseil d’Etat yougoslave, filmée en vidéo, où les représentants des Etats de la Fédération discutent de l’opportunité d’une intervention militaire en Croatie, ou encore cette arrestation du président bosniaque Izetbegovic et son échange contre les forces de l’armée fédérale encerclée à Sarajevo.

On pourra confronter les enseignements précieux de Yougoslavie, suicide d’une nation européenne avec la réalité actuelle du conflit au Kosovo, que deux nouveaux documents, l’un télévisuel, l’autre radiophonique, stigmatisent cette semaine avec force. Cinq équipes de l’agence Capa sont parties dans la région et ont filmé la vie quotidienne d’une brigade au Kosovo, ainsi que le calvaire de plusieurs familles de réfugiés, dans des camps en Albanie, en Macédoine et en Turquie. Centré sur des histoires humaines ­ sur le modèle de l’ancien magazine 24 heures ­, ce reportage de 90 minutes, diffusé dans le cadre du magazine Zone interdite sur M6, devrait compléter en images les témoignages qu’ont recueillis Daniel Mermet et Giv Anquetil dans Là-bas si j’y suis sur France Inter. Partis au Monténégro, en Macédoine et en Albanie, ils ont enregistré, à la frontière avec le Kosovo, le récit de la déportation de nombreux réfugiés et constaté les retards et les cafouillages de l’intervention du HCR. “Nous avons assisté, raconte Mermet, aux manifestations pro-Milosevic, mais aussi interrogé des déserteurs de l’armée monténégrine, dont le slogan est “Ni Milosevic ni l’Otan, refus de la dictature et refus du diktat”. Un déserteur nous a dit “Vous les Français, vous avez de la chance de ne pas comprendre ce qui se passe ici. ” Mermet tente pourtant de démêler les fils du conflit et évalue les risques innombrables d’embrasement dans la région (Moldavie, Macédoine, Slovaquie…), effets pervers, selon lui, des bombardements de l’Otan, “qui ont réveillé le sentiment nationaliste serbe qui était pourtant en perte de vitesse depuis deux ans”.

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MessageSujet: Re: Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"    Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"  I_icon_minitimeVen 2 Sep - 4:03



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MessageSujet: Re: Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"    Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne"  I_icon_minitimeVen 2 Sep - 4:05




Il était une fois une Yougoslavie orpheline de Tito... dont les

successeurs étaient en panne de légitimité. L'un d'eux, un jeune apparatchik serbe du nom de Slobodan Milosevic, se trouve propulsé par son protecteur pour faire un discours lénifiant à des foules serbes fâchées de se retrouver minoritaires dans la lointaine province du Kosovo agitée par le nationalisme albanais.

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