Marsouins de France et d'outre-mer

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 Le soldat russe. et les soldat français

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bruno
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bruno

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Le soldat russe. et les soldat français Empty
MessageSujet: Le soldat russe. et les soldat français   Le soldat russe. et les soldat français I_icon_minitimeLun 25 Jan - 22:05

bonsoir les marsouins

une parti de l'histoire que je viens d'apprendre

Le soldat russe.

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Michael Savelieff.


Au fond
du carré militaire du cimetière d’Issy-les-Moulineaux, non loin d’un
Alsacien-lorrain, d’une infirmière belge et d’un tirailleur sénégalais,
gisent les restes de Michael Savelieff, soldat russe, décédé le 7
janvier 1919. Il fait partie de ces Morts pour la France, non natifs ou
non répertoriés sur la commune, car décédés des suites de leurs
blessures dans l’Institut Saint-Nicolas, alors réquisitionné et
transformé comme hôpital militaire provisoire.

Les Alliés manquent d'hommes.


En
août 1914, au déclenchement de la Première Guerre mondiale, les données
démographiques sont simples : la France, avec une population de 39
millions de personnes, aligne une armée de 800.000 hommes. Ce qui est
une proportion considérable, car les anciennes classes ont toutes été
rappelées et la durée du service militaire a été portée à trois ans. Il
s’agit d’engager un maximum de soldats dans une guerre rapide. « Aux
vendanges, nous serons rentrés » entend-on un peu partout. Mais, de son
côté, l’Allemagne, avec une population de 67 millions, n’a mobilisé que
les jeunes classes, soient plus de 1.000.000 hommes. Cela représente
environ vingt divisions de plus que l’Armée française. Qui plus est, le
Reich a la capacité à mobiliser encore autant d’hommes en faisant appel
aux réservistes.

Le premier allié de la France est l’Armée anglaise. En 1914, le Corps
expéditionnaire britannique n’est que de 70.000 hommes (ses effectifs
augmenteront avec les années) ; par contre, l’Empire peut compter sur
ses colonies (Indes, Nigéria, Kenya) et ses dominions : Canada,
Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Terre-Neuve. L’est et le
nord de la France se trouvent être les champs de bataille principaux ;
toutes ces armées vont donc se croiser et s’affronter sur ces terres.

Les premiers combats sont parmi les plus violents. A la fin de l’année
1914, les armées belges, anglaises et françaises ont déjà perdu plus
d’un million d’hommes, principalement des Français. Une bataille comme
celle de la Marne, qui se déroule du 6 au 9 septembre 1914, représente
plus de 80.000 morts dans les rangs français. Il n’est pas rare qu’une
attaque, locale, se solde par 5.000 tués…

D
e leur côté, les Allemands n’ont perdu que 675.000 hommes.

Le recrutement d’effectifs supplémentaires est donc vital si les Alliés
veulent vaincre le Reich. L’Armée britannique se renforce et tente, en
1915, avec l’Expédition des Dardanelles, d’ouvrir un nouveau front.
L’Armée française fait appel à ses colonies. Des milliers d’hommes
arrivent d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, d’Afrique Equatoriale
Française et d’Afrique Occidentale Française.

L'appel à l'Armée russe.

Pour
battre les Empires Centraux (Reich allemand et Empire Austro-hongrois),
les Alliés comptent également sur l’immense Armée russe. Celle-ci est
aux prises sur le front Est avec l’ensemble des armées ennemies.
L’Armée russe est forte de plus de 5 millions d’hommes (armées d’active
et réservistes). Les capacités semblent infinies. Mais cette armée
cache de lourdes lacunes : pour une grande partie, elle est composée de
paysans sans formation militaire, mal armés et mal équipés.

La France décide donc d’approcher son allié et de lui demander une aide
par l’envoi de troupes. Dans le courant du mois de décembre 1915, le
généralissime Joffre, commandant en chef de l’Armée française, fait
envoyer une délégation de parlementaires auprès du tsar Nicolas II.
Celle-ci est menée par Paul Doumer, sénateur et futur président de la
République. La France souhaite obtenir 40.000 hommes par mois pour
combler les pertes d’effectifs. En échange, elle s’engage à livrer de
grandes quantités d’armes et plus de 450.000 fusils. Finalement,
Nicolas II accepte la transaction mais se sont seulement 45.000 soldats
russes qui sont envoyés pour appuyer les forces alliées : deux brigades
sont envoyées en France (elles voyagent depuis l’extrême est de la
Russie – Vladivostok – et débarquent à Marseille en passant par le
canal de Suez) ; deux autres brigades sont envoyées sur le front des
Balkans pour aider les corps expéditionnaires britanniques et français.

Après le défilé d’arrivée à Marseille et une formation militaire avec
la fourniture d’équipements (dont un casque français sur lequel a été
ajouté un aigle bicéphale), les soldats sont envoyés en Champagne et se
battent courageusement dans les secteurs de Suippes et d’Aubérive. Au
début de l’année 1917, les deux brigades attaquent et remportent le
Fort de la Pompelle, près de Reims, puis, en avril, elles participent à
l’offensive – et l’échec cuisant – du Chemin des Dames, déclenchée par
le général Nivelle, nouveau chef de l’Armée française. Dans cette
boucherie, les brigades russes perdent près de 5.000 soldats, sur les
19.000 engagés.

Les conséquences de la Révolution bolchévique.

Entre-temps, en février 1917, la Révolution bolchévique a été
déclenchée par Lénine à Saint-Pétersbourg. Dilemme des ex-soldats du
tsar : doivent-ils rejoindre la mère patrie et cesser les combats ou
doivent-ils rester fidèles à Nicolas II et continuer la lutte aux côtés
des Français (les négociations de paix entre les Empires Centraux et la
Russie sont engagées en décembre 1917) ? Pour éviter une contamination
des troupes françaises, il est décidé de partager les deux brigades :
la 1ère, plutôt « rouge » est envoyée dans un camp militaire,
la Courtine; la 2ème,
plutôt loyaliste, est dirigée sur Felletin, également dans le
département de la Creuse. Placer les deux divisions dans des camps
proches est une erreur.

A La Courtine, les Russes pro-Lénine créent des comités bolchéviques et
exigent le retour immédiat en Russie. Ils essaient également de rallier
les Russes loyalistes. Le camp est transformé en une faction autogérée.
L’Ukrainien Globa prend la tête du mouvement. Les soldats russes
profitent également de leur isolement pour fraterniser avec les
populations locales et coopèrent aux travaux des champs. Effrayé à
l’idée que les idées bolchéviques ne contaminent la population,
l’Etat-major de l’Armée française envoie plus de 3.000 hommes pour
mater la rébellion. Les populations civiles sont évacuées le 12
septembre 1917 à la périphérie du camp, et le surlendemain, La Courtine
est pilonnée à coups de canon. Rapidement matés, au prix de 150 morts,
les soldats russes se rendent. Globa est arrêté.

Des Russes s'installent en France, et dans nos colonies.

L’épilogue de cette aventure consiste en l'engagement de près de 400
officiers et sous-officiers tsaristes dans l’Armée française. 11.000
hommes sont intégrés aux compagnies de travail (chemins de fer ;
logistique ; armement…). Pour 5.000 autres Russes, réfractaires, c’est
la direction de l’Algérie et le placement dans les fermes ou, souvent,
ils remplacent les fellahs envoyés au front. En 1920, certains soldats
russes sont autorisés à rentrer en Russie bolchévique. D’autres
s’installent en France, et d’autres encore restent en Algérie.

Les tombes des soldats russes se trouvent principalement dans le
cimetière militaire de Saint-Hilaire-le-Grand ; il y en a également à
Cerny et Pontavert.
Il
y a plusieurs Savelieff dans le cimetière militaire de
Saint-Hilaire-le-Grand. L’une de ces tombes ne porte que le nom de
famille. Michel Savelieff et l’inconnu ne ferait-il qu’un ?

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Défilé des soldats russes dans les rues de Marseille, en 1916.

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Et au Nom de Dieu, vive la coloniale.
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