Marsouins de France et d'outre-mer

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 Les Forces Françaises Libres

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bruno
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MessageSujet: Les Forces Françaises Libres   Sam 27 Fév - 18:55

Les Forces Françaises Libres

Le Bataillon d’Infanterie de Marine




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Le
25 août 1940 à Ismaïlia, le Baron de Benoît, Commissaire de la France
Libre en Egypte, remettait un drapeau tricolore offert par la colonie
française du Caire et d'Ismaïlia aux Volontaires Français du 1er
Bataillon d'Infanterie de Marine . L'emblème aux couleurs nationales
françaises prit place aux cotés de l'Union Jack Britannique confié, en
juillet 1940 par le Gouverneur anglais de l'Ile de Chypre, à la garde
de ces volontaires français.

Quels étaient ces volontaires qui depuis deux mois, à défaut du drapeau
français, avaient formé leurs rangs sous les plis d'un pavillon
britannique en attendant de retrouver leur emblème national ?



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défilé de la 1re DFL devant les deux drapeaux du BIM - Palestine, Qastina, mai 1941



Au
nombre de 500 environ à l'origine, ils venaient tous du 24e Régiment
d'infanterie Coloniale. Officiers, sous-officiers, soldats de carrière
ou mobilisés, un même sentiment de honte et de rage leur avait fait
refuser l'armistice de juin 1940, soit qu'ils aient été déjà associés à
nos alliés britanniques pour la défense de l'Ile de Chypre, soit qu’ils
aient eu à quitter leur garnison de Syrie pour passer en Palestine.

A Chypre les Anglais, surpris par les événements et ne disposant
d'aucune instruction, s'étaient montrés très réservés et avaient
assisté passivement à la lutte d'influence des jeunes officiers et
sous-officiers groupés derrière le Capitaine Lorotte contre la
hiérarchie traditionnelle qui, devant ce mouvement de résistance,
s'efforçait de maintenir l'obéissance afin de ramener le 3e Bataillon,
tout entier, au sein du Régiment resté à Tripoli de Syrie. Du 18 juin
au 10 juillet les résistants s'étaient comptés et affirmés : 350 hommes
se refusèrent à retourner au Levant; cependant les Anglais les
obligèrent à restituer la totalité de l'armement lourd dont ils
s'étaient emparés. Le 12, le Colonel Fonferrier - qui sera tué plus
tard dans la résistance en France - venu de Tripoli pour essayer de
reprendre son ascendant sur ses soldats égarés s'adresse directement à
tous. Il est écouté avec respect mais une vibrante Marseillaise s'élève
spontanément de tous les rangs pour lui répondre. Dans ces conditions
je vous souhaite bonne chance, conclut le Colonel ému, et chacun
comprend qu'il eût préféré se joindre à eux, mais que son sens du
devoir envers son Régiment et le Commandement français fait de lui le
prisonnier de sa charge.

Rassemblés à Nicosie, les volontaires français sont alors reçus avec
enthousiasme par les Britanniques qui organisent une prise d'armes à
l'occasion de la fête nationale du 14 juillet, puis le lendemain, en
témoignage de la confiance qu'ils gardent à leurs compagnons d'armes
fidèles, leur remettent solennellement, au cours d'une nouvelle prise
d'armes, un drapeau aux couleurs de l'Union Jack.

Le Haut Commandement britannique en Moyen Orient ayant prescrit de
diriger le détachement français sur l'Egypte, les 350 volontaires
français arrivant de Chypre sont accueillis à Ismaïlia, le 23 juillet,
par 150 camarades de leur Régiment venus de Syrie par la Palestine.

A Tripoli, en effet, la 3e compagnie du 24e R.I.C. commandée par le
Capitaine Folliot, un ancien de 14-18, ne s’est pas résignée à cesser
le combat. Dès que l'armistice est officiellement annoncé, le 27 juin,
130 gradés et hommes embarquent subrepticement, avec armes et bagages,
sur cinq camions subtilisés à l'aide de faux ordres de mission et
gagnent la Palestine en une seule nuit, sans manquer de cisailler, de
temps à autre, les lignes téléphoniques qui longent la route
Tripoli-Beyrouth-Nakoura. Au passage de la frontière, les trois
gendarmes français se laissent facilement convaincre de l'inanité de
toute opposition.

Très rapidement d'autres éléments sont venus rejoindre la compagnie
Folliot; ce furent d'abord une vingtaine de légionnaires d'origine
espagnole du 6e R.E.I., puis un lieutenant d'un régiment de chars ayant
quitté Homs avec un convoi de camions sur lesquels avaient embarqué
quelques chausseurs de passage à Rayak, suivis quelques jours plus tard
par une automitrailleuse et enfin le 2 juillet par tout un escadron à
cheval de Spahis marocains aux ordres du Capitaine Jourdier.

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1er escadron de Spahis, Beyrouth 1940



Le
18 juillet les contingents français constitués autour de la compagnie
Folliot et de l'escadron Jourdier, embarquent sur voie ferrée à Haiffa
pour gagner Ismaïlia sur les bords du Canal de Suez où la colonie
française du Canal leur fit un accueil émouvant. Le 23, le détachement
Lorotte les rejoint mais, déjà, il a choisi de s'appeler pour l'avenir
1er Bataillon d'Infanterie de Marine, reprenant ainsi l'ancienne
appellation des Troupes Coloniales avant 1900. Le Capitaine Folliot
acquiesce de tout coeur à cette initiative et, reconstituant l'unicité
du 24e Régiment, s'intègre dans le B.I.M. avec le numéro Un pour sa
compagnie.

Disposant d'un armement français sans munition de réserve et de
quelques véhicules de fabrication française parfaitement inadaptés au
désert à l'exception d'une Lafly six roues, le B.I.M. se présente comme
une troupe instruite et disponible pour reprendre le combat par la
qualité de ses personnels mais absolument inapte, par ses matériels, à
s'engager dans le genre d'opérations très mobiles et puissantes qui se
déroulent aux confins de la Libye et de l'Egypte au Western Désert. Le
Capitaine Lorotte aura la tâche difficile d'obtenir du commandement
britannique le matériel radio et de navigation, les véhicules,
l'armement lourd et les équipements indispensables pour la guerre au
désert. Les Britanniques en effet n'en disposent même pas suffisamment
pour leurs propres forces anglaises, australiennes, néo-zélandaises ou
indiennes qui forment la 8e Armée. Des troupes polonaises, venues elles
aussi de Syrie, dans le même état que les éléments français, sont tout
autant démunies et tout aussi impatientes de reprendre le combat; elles
forment la Brigade des Carpathes qui s'illustrera à Tobrouk en y
soutenant victorieusement le siège par l'Afrika Korps du Général Rommel.

A force d'insistance pressante, l'équipement complet pour une compagnie
est obtenu ; une ardente compétition s'ouvre entre ceux de Chypre et
ceux de Tripoli c'est toutefois la compagnie Folliot, première arrivée,
qui aura l'honneur d'être aussi la première à reprendre le combat. Le 6
septembre, après un entraînement d'autant plus intensif qu'il sera
bref, la 1re compagnie quitte Ismaïlia pour rejoindre vers Soloum la 7e
Division blindée britannique, celle des Rats du désert, qui, seule
grande unité mobile et cuirassée, couvre l'Egypte face à plus de 200
000 hommes de l'Armée Graziani heureusement toujours passive. Tellement
même que c'est le Général Wawel qui, en décembre 1940, prend
l'offensive. La 1re compagnie y participe et, dès janvier, compte ses
premiers morts au Champ d'Honneur : Lalou, Pothin, Bartoli et Fleury.
Ainsi Winston Churchill pourra annoncer à la Chambre des Communes la
prise de Tobrouk par les forces britanniques et les forces françaises
libres. Pour marquer cette reprise des opérations de guerre contre les
forces de l'Axe, le Général de Gaulle nomme les premiers compagnons de
l'ordre de la Libération, sans distinction de grade, parmi les hommes
de la 1re Compagnie du 1er B.I.M.



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patrouille de la 1re Cie du BIM à la frontière Egypto-Libyenne, décembre 1940



En
février 1941, la 2e Compagnie (Capitaine Girod) équipée à son tour,
rejoint la 1re au Western Désert et opère avec elle en tandem. Pendant
ce temps, à El Daba, les hommes des trois autres compagnies perdent
patience bien qu'ils voisinent avec les Polonais et les Néo-Zélandais
aussi dépourvus et ardents que nos gens les nôtres finissent par se
dire : Si les Anglais n'ont pas de véhicules à nous délivrer qu'ils
nous donnent une seconde paire de chaussures et nous envoient au Soudan
où chacun sait que le 1er Escadron de Spahis Marocains à cheval a été
récemment envoyé pour combattre les Italiens d'Ethiopie.

Ces doléances seront entendues en mars 1941, sous les ordres du
Capitaine Savey, un Père dominicain officier de réserve, la 3e
Compagnie de marche forte de 250 hommes remonte le Nil en bateaux à
aube (ce qui lui vaudra de découvrir Louxor et la Haute Egypte) et
rejoint la re Brigade Française Libre du Colonel Monclar en Erythrée.
Avec la 13e demi-Brigade de Légion Etrangère venue d'Angleterre et le
Bataillon de Marche n° 3 arrivé du Tchad, la Trois participe aux
combats de Keren et de Massaoua dont la prise, le 8 avril mettra fin à
cette campagne pour les forces françaises. C'est en effet bientôt le
grand rassemblement de Qastina en Palestine où le 1er B.I.M. sous les
ordres du Commandant de Chevigné regroupe ses deux compagnies
motorisées revenues de Libye, la Trois rentrant d'Erythrée et sa 4e
unité formée à Ismailia de tous les jeunes engagés qui n'ont pas encore
vu le feu. Pour eux, comme pour les Bataillons africains du Tchad et du
Cameroun, comme pour la 13e demi ou le 1er RA., pour les fusiliers
marins ou les spahis, va se poser le douloureux cas de conscience de
l'affaire de Syrie, sur laquelle chacun observera toujours le plus
profond mutisme sans jamais oublier le choix crucial et les événements
dramatiques auxquels tous ont été confrontés. Disons seulement que par
un tragique hasard, le 1er B.I.M. devra affronter en particulier des
éléments du 24e Régiment d'Infanterie Coloniale dont il était issu.

Après cette cruelle campagne où le B.I.M. avec ses compagnies
motorisées fut à la pointe de l'action sur Damas d'abord et sur la
route de Beyrouth ensuite, le Bataillon est définitivement incorporé à
la 1re Brigade Française Libre du Général Koenig, en deux compagnies de
découverte détachées à chacune des deux brigades de Légion et de
Coloniale et en une compagnie de canons antichars de 75 et de 47
récupérés en Syrie. Dans cette formation le 1er B.I.M. retournera en
Egypte pour la deuxième campagne de Libye qui l'amènera à Bir Hakeim.



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le BIM, après la sortie de Bir Hakeim, a sauvé son matériel



Aux
antipodes de l'Egypte la même volonté de poursuivre la lutte ralliait à
la France Libre les établissements français du Pacifique et, dès le
mois de juillet 1940, à Nouméa comme à Tahiti, d'autres volontaires se
rassemblaient dans les rangs du 1er Bataillon du Pacifique qui, aux
ordres du Commandant Broche, rejoignait la 1re Division Française Libre
en Syrie après un périple en Australie.

Jusqu'à la sortie de Bir-Hakeim en juin 1942, 1er B.I.M. et B.P.1
connurent une existence distincte, quoique commune, au sein de la re
Brigade. Mais, après la dure bataille du siège, suivie de la sortie en
force de Bir Hakeim, compte tenu des lourdes pertes que les deux
formations avaient subies dont celles des deux chefs de bataillon, le
Lieutenant-Colonel Broche [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
et le Commandant Savey, 1er B.I.M. et B.P.1 durent fusionner pour
constituer le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] , le B.I.M.P.

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